Idée reçue n°32 : « La troisième révolution industrielle annonce la fin de la production centralisée d’électricité au profit de la production décentralisée »

Alors qu’Arnaud Montebourg annonce à qui veut l’entendre que la troisième révolution industrielle est en marche « comme l’annonce Jeremy Rifkin »,

certains s’amusent des confusions cachées dans les prédictions de ce Nostradamus de l’énergie (après avoir annoncé « la fin de travail » !)

Les articles sont nombreux pour dénoncer son imposture, même basée sur des bonnes questions et un élan respectable et incontestable :

« Non, Jeremy Rifkin n’est pas le sauveur de la planète » : http://www.reporterre.net/spip.php?article4350

La troisième révolution sera-t-elle industrielle : http://www.legrandecart.net/la-troisieme-revolution-sera-t-elle-industrielle/

Les incohérences de Jeremy Rifkin : http://www.knowckers.org/2012/02/les-incoherences-de-jeremy-rifkin/

etc…

S’il est indéniable que la décentralisation de la production d’énergie a un bel avenir (chaleur consommée sur place, etc…)
il ne faut pas prendre ses désirs pour des réalités.

Même en faisant l’impasse sur nos a priori et vu notre manque probable d’imagination,

oui les réseaux intelligents vont énormément progresser, oui l’écrêtement des pointes sera grandement aidé par la modulation automatique des appareils électriques locaux…

mais non, l’électricité n’est pas près d’être produite sans les centrales massivement centralisées (autre exemple : l’éolien ou le solaire qui recherchent aussi le gigantisme !)

Vu le réchauffement climatique dissuadant de plus en plus les chaudières consommant des fossiles (vive les hybrides à résistance électriques !),

vu les coûts de renforcement du réseau pour la restitution des trop pleins de production individuelle, et surtout l’intermittence des Enr (75% du temps) qui oblige à installer une puissance de 500% (et autant de réseaux et de LHT)

vu la lenteur de la baisse des couts du solaire (les supports lowcosts en couches minces biotechs sont très loin d’être opérationnels),

vu ses risques d’incendies souvent sous-évalués, ou surtout sa fabrication par des industries carbonées des pays émergeant,

vu la fringale très polluante en matières première des Enr (métaux, bétons,…)

vu l’absence de vent à basse hauteur sur les maisons,

non cette troisième révolution industrielle sera légèrement différente que celle annoncée par Jeremy Rifkin !

N’en déplaise aux réfractaires du pouvoir centralisé, aux adeptes du « small is beautifull », aux pacifistes prônant l’abandon de l’atome y compris civil,

cette troisième révolution industrielle consistera en un mix entre centralisation et décentralisation. Et ca ne sera pas de trop vu le défi qui nous attend.

En effet, son argumentation impressionne facilement les béotiens de l’énergie mais il ne faut pas longtemps pour la récuser :

Par exemple, cette video de Jeremy Rifkin ici est facilement réfutable (certains s’y sont déjà attaqué : voir ici !)

 

Introduction :

Non, au contraire, les 3 premiers accidents nucléaires (TMI, Tcher., Fuku.) démontrent d’évidence que les effets délétères de ces deux cas de fuites n’engendrent que peu victimes (c’est autant de trop ! et intolérables bien sur)

Ceci bien sur comparé aux énergies fossiles (réchauffement climatique, pollution et morts prématurées, guerre et gaspillages en ventes d’armes, ponctions sur les budgets sanitaires et sociaux).

La résilience humaine relative aux faibles doses radioactives implique qu’un risque minime reste acceptable faute de mieux. Et que l’énergie nucléaire est loin d’être condamnée (voir les nombreux nouveaux projets en cours ici : entre 150 et 500)

1) « 443 centrales nucléaires ne produisent que 6% de l’énergie mondiale ». 

Mais chaque partie de la solution sans GES ne peut être négligée ! surtout si elle coute moins cher ! On aura besoins de toutes les sources d’énergie (Nucléaire : 16% de l’énergie finale en France). C’est le dégonflement de la crète qui détent le marché.

Si on se restreint à l’électricité, 14% de production mondiale atteinte en quelques décennies est un bon début (78% en France), et aucune autre énergie ne semblera assez abondante et bon marché pour nous éviter d’être obligés de recourir au nucléaire (à moins d’une décroissance brutale et catastrophique d’un point de vue social). Les techniques nucléaires à venir vont faire progresser ce taux de 6% à 10% ou 15%, de quoi complémenter l’hydraulique, la biomasse, le solaire thermique (et peut-être PV avec stockage).

2) « On ne sait toujours pas quoi faire des déchets »

Faux. Ce n’est pas parce que quelques expérimentations ont échoué que le problème est inquiétant. Les scientifiques ont éprouvé les techniques de vitrification, et ces matières pourront être stockées en grande profondeur, sans surveillance ni risque. Elles seront probablement, comme en Suède, placées dans des roches en granit, chez nous dans l’argile imperméable depuis des millions d’années.

N’oublions pas les réacteurs naturels du Gabon (voir article ici) qui, pendant des temps comparables (des centaines de milliers d’années, n’ont pas posés de problème à l’environnement grâce au confinement offert par les roches.

L’Homme prend son temps pour décider du très long terme, rien d’étonnant à cela.

Les métaux radioactifs sont partout dans le sol. Ils y retournent. Concentrés mais stabilisés pour bien plus longtemps que nécessaire pour leur décroissance radio-active. Ces notions sont difficiles à apréhender pour le citoyen peu habitué à ces durées.

« La France n’a même pas parlé de Fukushima »

Faux. Les média ont inondé les citoyens en reportages, pas toujours éclairés d’ailleurs vu leur modèle économique et leur culture scientifique. Les rapports sont aisément consultables (par exemple ici ou ici)

« Les barres d’Uranium sont exposées, le moindre accident peut créer Fukushima. »

Faux, la force publique surveille ces sites et peut intervenir rapidement pour les refroidir en cas d’incident. Les gouvernants savent mettre les moyens quand c’est nécessaire. Même dans les pires cas quand un Tsunami a détruit les routes, et les réseaux électriques. Même si un accident intervient, ce sont quelques km2 qui sont touchés. La dillution et l’évacuation évitent les dégats important (sauf en image, si la presse et les écolos sont irresponsables).

3) « Il y aura un déficit d’Uranium entre 2025 et 2035 »

Oui mais son prix ne représente que 5% du prix de cette énergie. Mais si certains pensent (ici) qu’il pourrait atteindre 34%, la 4ème génération consommera dès 2030 au moins 60 fois moins de combustible. De quoi assurer 1 000 ans de production. A moins que des filières comme le Thorium soit choisies (peu de contrainte de pénurie), mais cela est peu probable vu les nombreux surcouts de cette filière.

4) « La 4eme génération utilise du Plutonium, voulons nous prendre ce risque ? »

Le Plutonium est très peu volatil (voir ici). De plus sa transformation en MOX évite les risques de prolifération (voir ici)

5) « 40% de l’eau consommée dans toute la France est utilisée par les réacteurs nucléaires pour refroidir les centrales. »

Faux, c’est 60% ! mais elle est presque intégralement restituée (voir ici) ! Donc peu de perte d’eau. Le plus souvent, il y a très peu de réchauffement en cas de présence de tours aéroréfrigérantes. Sans ces tours pas d’évaporation concourant à disperser 22% de l’eau pompée en France. Mais les autres industries sont bien davantages consommatrices en eau, il faudrait donc les améliorer en priorité (agriculture, métaux, papier, …)

« Quand cette eau est rejetée, elle est chaude et déshydrate les écosystèmes »

De l’eau qui déshydrate ? Soyons sérieux. Les risques sont modérés (voir ici), et l’évaporation acceptable dans les pays tempérés vu les enjeux.

« Celles situées sur les cotes sont près des zones tectoniques et des Tsunamis, la où les populations se trouvent »

Erreur : Fukushima a démontré que les techniques antisysmiques, ainsi qu’une surélévation des groupes électrogènes et un modeste mur anti-Tsunami ont permis aux autres centrales de résister sans problème à la fois au pire des tremblement de terre, et à un terrible Tsunami (au demeurant absent dans la Manche…)

« L’énergie nucléaire c’est vieux et dépassé »

Pourquoi pas, mais aucun argument valable…? Quoi de mieux et compétitif ?

L’analogie entre la recopie d’un fichier MP3 et celle d’un MWh n’a aucun sens…

Comparaison n’est pas raison…

En l’histoire lui donne tord ! On peut voir ici que, malgré l’infléchissement temporaire des opinions publiques dues à l’émotion, aux incertitudes et à la désinformation, les experts ont bien plus souvent rejoint les convictions pro-électronucléaire que le contraire, et Fukushima n’a rien changé à cela ! Seule la dictature de l’opinion a temporairement fait capituler certains personnages médiatico-politiques. Mais jusqu’à quand ? Les faits sont têtus.

Conclusion : Oui la synergie entre consommateurs et producteurs va beaucoup progresser, mais c’est le seul point commun avec la révolution internet. Pas forcément la fin de la production centralisée.

CQFD ?

Donc à vous de décrire cette troisièmes révolution industrielle !

Une autre déconstruction des théorie de Rifkin est ici http://www.energie-gouv.fr/spip.php?article91

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