Idée reçue n°46 : « Les faibles doses de radioactivité restent proportionnellement dangeureuses en deça de 20 mSv »

Non elles ne le sont pas.

Si on aurait tord d’affirmer qu’aucun effet n’est constaté sous ce seuil, on ne peut pas non plus affirmer qu’il y a une « certaine » linéarité quand on se situe dans le domaine des faibles doses. En réalité, on constate qu’il n’y a absolument pas de linéarité. En conséquence, arrêtons de se faire peur inutilement, ou d’être influencé insidieusement par des idéologiques non scientifiques. Cela n’enlève bien sûr pas la présence éternelle du doute et de la prudence.

Pour les rares personnes dont la radiosensibilité atypique est prouvée (pas les faux électrosensibles touchés par l’effet nocébo bien connu) et les enfants, le seuil peut probablement diminuer légèrement mais ca reste très largement au dessus de tout ce qu’il pourront recevoir dans leur vie. Pendant ce temps Rappelons nous les nombreux autres facteurs cancérigènes de la vie quotidienne que chacun s’inflige volontairement ! Pas tant les minimes pesticides ou PE sauf exception, mais les excès de sucres et sels et gras, de produits transformés. Quant à l’air pollué par les gaz d’échappement et de chauffage (au demeurant 50 % de moins qu’il a 50 ans à Paris), il pèse bien moins que le manque d’exercice. Les fonctions émonctorielles sont là pour gérer une bonne partie de nos excès. Avant épuisement par saturation.

Pour revenir à notre sujet, le Pr Bourguignon avance ces analyses, bien que contestées :

http://www-sante.ujf-grenoble.fr/SANTE/alpesmed/evenements/rns/pdf/vendredi/4_bourguignon_RNS_8_fevrier_2013.pdf


Mais la citation la plus importante à retenir est la suivante :

Comme l’explique clairement Hubert Flocard,


Même si on peut prétendre que « L’absence d’évidence n’implique pas l’évidence d’absence »,

on ne fait jamais de choix seulement sur des données absolues, mais uniquement sur des données probabilistes.

Ne pas observer un phénomène accroit de façon calculable la probabilité qu’il n’existe pas.

Tout est dit.
Maxime toujours oubliée dans les médias, qui prétendent que  » la science n’a pas tranché la controverse ! Les lobbies veillent à influencer le principe de précaution ! ».
Non. C’est rare.

Et les biais cognitifs font le reste. Sans qu’on en ait conscience, on s’oriente vers les thèses qui nous satisfont, qu’on a déjà retenu comme a priori.

Sources : http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/peut-on-faire-confiance-a-notre-136778

Avouer avoir tord, c’est humiliant, révélateur qu’on peut être faillible comme sur le reste. Il faut beaucoup de sécurité intérieure pour parvenir douter de ses propres convictions.

Les antinucléaires ont le droit de prôner une société décroissante et de tenter d’en convaincre leur contemporains.

Au lieu de cela, ils se décrédibilisent. La fin justifiant les moyens, ils surfent sur la souffrance indicible de quelques populations (Tchernobyl), afin de décourager et décrédibiliser une technologie qu’ils abhorrent. Ce rejet épidermique, irrationnel, les empêche de raisonner. Ils ne peuvent faire la balance bénéfices / risques, immensément favorable pour la biodiversité et l’Homme. Leur intégration sociale en dépend, le groupe se chargeant de ramener à la raison ceux qui pensent différemment.

 

Gardons-nous donc de l’inverse : les rationalistes doivent rester ouverts à tout moment à une remise en question de leur savoir.

 

En attendant ils doivent fermement s’appuyer sur leur conclusions, dument étayées, ne pas tergiverser, et investir rapidement dans les énergies les plus vertueuses pour l’humanité.

PS : A noter aussi ce résumé de l’excellent Roland Masse sur les faibles doses :

http://sauvonsleclimat.org/conferences-et-courshtml/6eme-universite-dete-slc-aix-en-provence-12-au-14-septembre-2013/35-fparticles/1442-6eme-universite-dete-slc-aix-en-provence-12-au-14-septembre-2013.html

Roland MASSE – Académie des technologies, Académie de Médecine :
Effets sanitaires des faibles doses de rayonnements ionisants

Présentation :

De manière consensuelle on parle de faibles doses pour des expositions corps entier cumulées inférieures à 100 mSv. Dans les populations, c’est la limite au dessus de
laquelle l’épidémiologie permet d’établir une augmentation de cancers directement liée à cette exposition. La population de référence est celle des survivants d’Hiroshima et
Nagasaki pour laquelle une relation entre la dose et l’effet est clairement démontrée.

Compte tenu des incertitudes, cette relation peut être décrite par une loi linéaire passant par l’origine. D’autres ajustements sont possibles mais à partir de concepts biologiques non validés datant des années 50 il a été postulé que la cancérisation des tissus était la conséquence directe d’un accroissement de mutations radioinduites et que cet accroissement devait obéir à une loi linéaire. Ainsi est ainsi née la théorie de la relation linéaire sans seuil (LNT des Anglo-Saxons) qui sert de base à la limitation des expositions en radioprotection.
Bien qu’il n’existe pas de preuve directe d’un excès de cancers au dessous de 100 mSv, imposer la LNT pour la mise en relation de l’observation de taux de cancers dans les populations exposées avec ces variations d’exposition aboutit à une évaluation d’un risque par unité de dose compatible avec celui dérivé des survivants japonais. Ceci même lorsque la population concernée fait nettement moins de cancers que la population générale (cas des travailleurs du nucléaire). Cette pratique a laissé croire que la réalité d’excès de cancers pour des doses de l’ordre de 10 mSv ou moins était démontrée, il n’en est rien.

L’effet cancérogène des radiations ionisantes est très faible et le taux spontané du cancer est trop élevé pour qu’on puisse distinguer cette contribution si elle existe.

L’épidémiologie n’est pas moins impuissante à démontrer l’existence de seuils au dessous desquels aucun cancer ne serait dû à de faibles expositions. On n’observe pas d’excès de cancers en Iran, en Inde, en Chine au Brésil dans les populations soumises à de fortes expositions externes naturelles pouvant cumuler plusieurs centaines de mSv mais la puissance statistique de ces études ne permet pas d’exclure ce risque. On peut cependant remarquer que certaines données, environnementales ou professionnelles, suggèrent que non seulement il n’y a pas de risque attribuable mais qu’une certaine protection contre le cancer est conférée par de faibles expositions.

Assez paradoxalement également les corrélations géographiques sont inverses entre exposition moyenne au radon et survenue de cancers du poumon ; il n’y a pas d’explication satisfaisante à cette observation car
lorsque les mesures individuelles d’exposition aux mêmes lieux sont acquises, la corrélation est cette fois directe. Avec le radon cependant il s’agit toujours de fortes doses
réparties de manière hétérogène, non de faibles doses. Les populations de la vallée de la Techa soumises à une exposition chronique par les produits de fission confirment en outre qu’une dose ajoutée de plus de 100 mSv sur la vie est associée à un excès de cancer. L’accident de Tchernobyl n’a pas apporté de nouveau en matière de connaissances du risque des faibles doses, il a par contre rappelé l’importance des rejets d’iode sur les cancers de la thyroïde de l’enfant pour des doses équivalentes moyennes à la thyroïde de l’ordre de grandeur du Sv. Par ailleurs, plus de 500.000 intervenants sur site ont accumulé des doses moyennes, corps entier, de 100 mSv et constituent une nouvelle référence pour l’étude des effets tardifs. Actuellement il n’est pas observé chez eux d’augmentation globale des cancers mais certains groupes ont un excès de leucémies. Il n’a pas été observé d’accroissement des tumeurs autres que celles de la thyroïde dans les populations riveraines. L’accident de Fukushima a affecté de grandes populations évacuées mais les doses délivrées ont été maintenues faibles. Une enquête épidémiologique rigoureuse planifiée sur plus de 2 millions de résidents permettra de faire le bilan des effets radioinduits, s’ils existent, et surtout des conséquences indirectes dues aux perturbations induites par la gestion de l’accident. Cette dimension qui fait défaut à Tchernobyl a permis des évaluations très fantaisistes d’effets sanitaires attribués aux rayonnements ionisants bien qu’ils n’obéissent à aucune relation dose effet.

Il ne faudrait pas conclure que de petites doses ne font rien. Les études de biologie cellulaire et moléculaire montrent qu’on peut identifier à partir de quelques microsieverts
les atteintes ciblées de molécules sensibles et les conséquences qui peuvent en résulter sur le maintien de l’intégrité tissulaire et sur la cancérisation. Ces phénomènes sont extrêmement complexes, ne répondent pas à une loi linéaire, ils conduisent parfois à des relations dose effet non monotones et les mécanismes de défense au meilleur coût sont privilégiés.

En conclusion, s’il existe encore beaucoup à apprendre des faibles doses pour la connaissance de l’adaptation cellulaire au stress, l’impact sanitaire qui leur est attribuable
demeure très limité et ne peut être remis en cause. Les conclusions des rapports ExternE de l’Union Européenne restent fondées, elles établissent, par rapport à l’ensemble des sources primaires d’énergie que l’énergie nucléaire est particulièrement économe en matière de santé de l’homme, toutes situations prises en compte. Ce n’est pas le cas du charbon et de la biomasse.

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